Vincent Tallé

Les voyages dans le Temps-Espace n’ont pas permis d’inverser l’évaporation du Temps. Sa mesure est obsolète et le mètre-lumière a officiellement remplacé la seconde-étalon. 

Il nous faut aujourd’hui rationner l’usage du Temps. 

Inflation de l’Espace. 

Démesure du Temps.

Sur le second marché, les droits à dépenser le Temps ont flambé et la raréfaction de cette matière première a conduit les autorités à fermer la bourse du Temps pour éviter le crash. Dans la panique, un très grand nombre de mètres-lumière se sont froissé, repliés ils sont devenus inutilisables, aggravant encore la pénurie. De grands lambeaux de Temps-Espace sont aujourd’hui comme figés, confinés à trois dimensions. 

Les populations ont été regroupées sur les fragments du Temps-Espace où les derniers quanta temporels sont encore en mouvement. 

Ainsi commence le texte l’installation Une solution au problème de la raréfaction du Temps, créée en 2019 par Jean-Marc Chomaz, la première d’un quadriptyque, Présent, Passé, Futur, Anamorphose. L’exposition qui reprend ce titre, conçue à l’invitation de Bourges Contemporain prend la forme d’un parcours à travers la ville avec comme fil conducteur ces quatre installations Une solution au problème de la raréfaction du Temps, dispersées au musée du Berry Présent, Futur, à l’Hotel Lallemant Passé, à La friche culturelle de l’Antre-Peaux  Anamorphose. 

La Terre s’approche d’un instant singulier où toutes les échelles de temps et d’espace se confondent, les rayons qui parcourent l’Univers, la vie qui tourbillonne, les plantes et l’eau d’une larme et tout l’océan qui gronde. Avec les autres œuvres exposées dont certaines créée avec Olga Flor, l’exposition entre poésie scientifique et rationalité artistique, entre démonstration, déraison et dérision, propose nous projeter au-delà de cette singularité ? À chacun alors de changer le sens où tournera la ronde et de trouver sa propre solution au problème de la raréfaction du temps.

 

 

Pour fêter sa réouverture, le Transpalette vous propose une série d’ateliers durant tout le mois mai :

 

Héros et héroïnes d’aujourd’hui

À partir de 6 ans

Quelles causes souhaiterais-tu défendre dans ce monde ? Telle Nadja Verena Marcin et son sabre-cactus, crée ton autoportrait en héros ou héroïne défendant un lieu qui t’es cher. Munis d’une arme-plante, piquante et surprenante, tu combattras les injustices, en pacifiste !
 
Nadja Verena Marcin est une artiste d’origine allemande. Dans l’autoportrait Jedi, elle se prend en photo devant un site archéologique en Bolivie. Cet endroit servait de centre rituel pour les peuples qui vivaient là. Mais aujourd’hui, seuls les scientifiques et archéologues
peuvent y accéder, et les boliviens ne peuvent plus pratiquer les rites de leurs ancêtres.
L’artiste choisit de se représenter en tenue de Jedi, brandissant une arme en cactus. Elle s’affirme comme une femme forte, prête à défendre ce lieu contre les occidentaux, contre le colonialisme, qui l’ont dénaturé. Elle se bat avec et pour la Nature, mais armée d’une plante, elle défend aussi une forme d’activisme non violent.
 
Mercredi 12 mai : 15h-16h30
L’atelier se déroulera dans les extérieurs de l’Antre Peaux et dans le respect des conditions sanitaires
 

Tisser nos liens avec le vivant

À partir de 6 ans

Good morning fire ! – Odonchimeg Davaadorj
Et si mes veines devenaient des racines ? Mes bras, des branches ? Et si un cœur battait dans cet arbre, tout à côté de moi ?
En s’inspirant de l’oeuvre “Good morning fire !” d’Odonchimeg Davaadorj,
cet atelier propose de s’imaginer en êtres-hybrides, mi-humains mi-végétaux,
de réfléchir aux liens que l’on entretient avec le vivant autour de nous. Tout comme l’artiste, tu seras invité à tisser ces liens entre tes dessins et ceux des autres, mais aussi avec les végétaux présents dans les espaces extérieurs de l’Antre Peaux.
 
Au Transpalette, l’oeuvre “Good morning fire !” d’Odonchimeg Davaadorj représente des êtres hybrides, mi-humains, mi végétaux, dont les cheveux et veines deviennent racines. Les différents dessins sont reliées entre eux par des fils rouges qui symbolisent le lien entre tous les êtres vivants, célèbrent la nature dans sa diversité et l’interconnexion entre les espèces et leurs écosystème.
 
Samedi 15 mai : 15h – 16h30
L’atelier se déroulera dans les extérieurs de l’Antre Peaux, sous réserve de bonnes conditions météorologiques.
 
Samedi 22 mai : 15h – 16h30 
 
Les ateliers se dérouleront dans le respect des conditions sanitaires.

 

Revendications personnelles

À partir de 6 ans
Bandanatomique – Lundy Grandpré

 
Marre que le bruit des voitures recouvre le chant des oiseaux ?
Marre que le rose soit réservé aux filles et le bleu aux garçons ?
Marre de ne pas pouvoir jouer au ballon parce que t’es une fille ?
Marre de ta cour de récré toute moche où il n’y a pas un brin d’herbe pour s’allonger ?

Marre de n’avoir jamais de frites à la cantine ?

De nombreux sujets t’interpellent et tu ne comprends pas pourquoi on en parle pas plus que ça… Cet atelier est fait pour toi ! En t’inspirant du travail de Lundy Grandpré, crée un bandana sur lesquels tu représenteras tes propres revendications. Tu pourras le porter fièrement dans la rue et ainsi susciter curiosité et débat tout autour de toi. Le pseudonyme Lundy Granpr é regroupe un duo d’artistes tenant à rester anonymes. Les créations de Lundy Granpré sont politiques et féministes.
 
 
Au Transpalette, ils exposent notamment un bandana issu d’une série : les Bandanatomiques. Il s’agit de faire de l’art qui se porte et qui se voit. À travers ces bandanas, Lundy Granpré cherche à faire circuler des revendications politiques et générer la discussion.
 
Dimanche 16 mai  : 15h à 16h30
L’atelier se déroulera dans les extérieurs de l’Antre Peaux, sous réserve de bonnes conditions météorologiques.
 
Dimanche 23 mai : 15h à 16h30
 
Les ateliers se dérouleront dans le respect des conditions sanitaires.

 

Encres végétales

À partir de 4 ans

Comment créer avec des moyens simples et écologiques ?
Ils sont délicieux, mais ils sont aussi une merveilleuse source de couleurs. Lors de cet atelier, nous créerons ensemble des encres végétales avec des légumes du quotidien. Quelle couleur peut donner le noyau d’avocat ? Et l’oignon ?
Une fois les encres créées, c’est à toi de jouer ! Et pourquoi ne pas se servir des végétaux comme pinceaux ?
Ce sera aussi l’occasion de discuter ensemble de notre relation au Vivant.
 
Mercredi 19 mai : 15h à 16h30 
 
Mercredi 26 mai : 15h à 16h30
 
Les ateliers se dérouleront dans le respect des conditions sanitaires.
Au départ, un SILO est une cavité creusée dans le sol. À même la terre, les récoltes sont entreposées puis recouvertes pour leur conservation. La  terre  épaisse  protège  du  froid  et  des  assaillants.  Le  silo  constitue  une  réserve.  Il  protège  et  préserve  les  grains  de  l’été  pour  l’hiver.  Il  fait partie du quotidien, sa présence est aussi essentielle qu’invisible. En  adéquation  avec  la  pensée  à  la  fois  métaphorique  et  politique  de  Myriam  Mihindou,  le  silo  est  synonyme  du  grand  corps,  le  corps  collectif, celui qui rassemble les vivants et les morts, les humain.es et non  humain.es. 
 
Myriam  Mihindou  (née  en  1964,  à  Libreville,  Gabon.  Artiste nomade, elle vit et travaille dans le Tout-Monde), qui fait partie intégrante du grand corps, nous en livre ses formes, ses langages, ses mémoires,  ses  luttes,  ses  déplacements  et  ses  collaborations.  Dans  une relation poétique et sensible aux mots, aux objets, aux pratiques et aux gestes, une corrélation entre le silo et la mémoire est établie. Une  mémoire  transhistorique  et  transculturelle  ;  qui,  par  extension,  est celle du grand corps, la matrice du vivant conjuguée au passé, au présent et au futur.Le  temps  de  l’exposition,  le  Transpalette  devient  le  silo  poreux  d’une  œuvre foisonnante dont il paraît urgent de présenter la pluralité et la densité. Le centre d’art est ainsi envisagé comme un silo, un réservoir dans  lequel  sont  conservés  les  grains,  un  ensemble  d’œuvres  réalisé  entre 2000 et 2020. Vingt années de créations protéiformes (sculpture, installation,  vidéo,  performance,  photographie)  sont  réunies  pour  comprendre  une  démarche  plastique  inscrite  dans  une  recherche  profonde  et  complexe.  Myriam  Mihindou  place  le  corps  –  le  sien,  les  nôtres, les leurs – au cœur d’une pratique artistique curative.
 
Une exposition qui s’inscrit dans le carde de l’événement Bourges Contemporain
 
” Nous devons combattre la haine et la diffusion de l’ignorance et de la peur en utilisant efficacement l’histoire et les faits. L’idéologie ne supporte pas que nous établissions des liens “
Felix Gonzalez-Torres, “1990: L.A., “The Gold Field” 
 

Elisabeth Lebovici nous invite durant cette vidéoconférence à créer des connections trans-temporelles entre deux pandémies (le VIH/sida et le Covid-19) pour réfléchir à deux refus d’assignation: celui de patient·e “patient·e” et celui d’artiste “artiste”. Elle est l’autrice de Ce que le sida m’a fait, livre indispensable sur les liens qu’entretient l’art et l’activisme.

Critique d’art et historienne d’art, elle est l’une des fondatrices du fonds de dotation LIG/Lesbiennes d’intérêt général.

Dernier ouvrage paru « Ce que le sida m’a fait. Art et activisme à la fin du 20e siècle » (JRP/Ringier « lectures Maison Rouge », 2017) qui va reparaître, avec une petite actualisation. Par contre “Femmes/artistes, artistes/femmes, Paris de 1880 à nos jours” (Hazan, 2007) co-écrit avec Catherine Gonnard reste épuisé.

Lien de la vidéoconférence

DESCRIPTION DE L’OFFRE :

Cet appel à participation s’adresse à toute personne désireuse de partager ses connaissances ou expériences dans les thématiques évoquées ci-dessous :

Lors des ces deux journées, les participant.e.s sont ainsi invité.e.s à valoriser des ressources existantes, produire de nouvelles ressources et co-écrire des contenus

Une restitution narrative sera proposée le jeudi 20 mai de 17h à 18h21 pour rendre compte du travail collectif produit durant ces deux jours.

Six lieux d’accueil seront ouverts aux participants, à Orléans (45), Chartres(28), Blois (41), Tours (37), Bourges (18) et Chateauroux (36) (capacités d’accueil limitées en fonction des conditions sanitaires du moment).

Six personnalités venant de l’ensemble de la France sont invitées à faciliter les groupes de contributions dans chacune des six villes.

Des espaces de visio-conférence et des outils en ligne seront mis à disposition pour permettre de s’impliquer dans cette dynamique d’édition collaborative à distance.

Il est possible de participer de façon ponctuelle ou sur l’ensemble des 2 journées, un accueil en ligne est proposé en début de chaque demi-journée.

PARTICIPATION, INSCRIPTION :

Inscription libre et gratuite avant le 15 mai 2021 via le formulaire ci-dessous :

https://framaforms.org/rencontres-artlabo-editathon-cultures-numeriques-1619737186

Cet événement Human Tech Days est organisé par les membres du réseau Art::labo en Région Centre Val de Loire (La Labomedia à Orléans, L’Antre Peaux à Bourges et La Fun à Tours). Art::Labo est né en France en 2005 de la volonté de structures de favoriser une approche hybride et transdisciplinaire de la création artistique et culturelle en tissant des passerelles entre création, recherche et pédagogie. Ni une fédération, ni une structuration d’organisations, Art::labo est une entité vivante, prétexte de relations croisées, symbiotiques et formes de compost nourries de ces échecs et expériences.

Streaming, Youtube, vente directe, téléchargement. Comment bien choisir sa stratégie numérique quand on est artiste. 

Découvrez comment la musique peut exister sur Internet et comment opter pour les meilleures solutions selon votre projet artistique. 

Conférence de 2h en ligne suivie d’un échange.

Frédéric NEFF a un pied dans la distribution physique et numérique depuis 2006, un autre dans les réseaux sociaux, et il accompagne labels et artistes dans le développement de leur stratégie numérique. 

 

Cecilia Bengolea et Erika Miyauchi collaborent dans trois pièces sur scène et une dizaine de performances dans des espaces publics et des galeries depuis 2015. Grâce à cette collaboration, elles développent un atelier pour partager leurs pratiques de composition en temps réel, avec le dub-plate player Mat DT Sound, présent dans Dub Love (création 2013).

Erika Miyauchi est une ballerine japonaise très expressive et d’une grande technicité. Elle a aussi étudié le Dancehall en Jamaïque. Dans ce solo qui deviendrait peu à peu une danse de communauté, elle traverse plusieurs émotions et souvenirs de sa vie nomade en tant que danseuse émigrée du Japon.

Montrer ses émotions en public est tabou au Japon. Erika déménage à Londres, puis à Paris pour poursuivre ses études de danse. C’est en Europe, loin des mœurs du Japon, qu’elle réussi à s’exprimer librement sur scène et dans sa vie.

« Nous aimerions inviter les danseurs de chaque ville à continuer la recherche d’élévation avec nous avec la musique du sound system. Créer des façons d’être ensemble dans cette période sans précédent de distanciation et de révolte sociale.»

Le Dub, développé en Jamaïque, est né grâce à l’erreur d’un ingénieur du son qui a oublié d’enregistrer la piste vocale sur la piste instrumentale. Le disque a été joué tel quel en soirée et la réception du public a été formelle, le Dub est né. Le Dub n’est pas une musique mais une technique de mixage qui sépare la musique en plus de 16 pistes et est recomposée en live à chaque session.

Par la suite, ce mouvement se développe en partie grâce à Jah Shaka en Angleterre. L’Europe découvre cette technique pour la faire évoluer en une musique à part entière, le dub électro voit le jour.

Les pointes seront utilisées comme technique d’élévation, à l’instar du spectacle  “Dub Love”. Pour ce solo, Erika Miyauchi aime penser au risque en live, tout comme le Dub qui est une prise de risque continuelle en direct et donc permet aussi de faire des erreurs. Les erreurs permettent de créer des chemins inattendus dans la musique et dans le corps.

Interprétation : Erika Miyauchi

Production : Cecilia Bengolea – production Dayanis D & V