Projet Homo Photosyntheticus : Spiruline sur Mars : deviendrons-nous des « petits hommes verts » ?
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Projet Homo Photosyntheticus : Spiruline sur Mars : deviendrons-nous des « petits hommes verts » ?

de Ewen Chardronnet et Maya Minder

MELiSSA, un projet de l’Agence Spatiale Européenne

Deviendrons-nous des « petits hommes verts » si nous établissons des colonies humaines sur Mars ? Cela pourrait être bien possible, dans la mesure où les micro-algues, et en particulier la chlorelle et la spiruline, sont des candidates majeures pour accompagner les humains dans l’exploration spatiale. Leur culture prend peu de place, est stable et relativement simple, et permet de renouveler l’air de l’habitat par la photosynthèse et d’offrir un complément alimentaire extrêmement riche en nutriments. Leur consommation prolongée pourrait-elle entrainer des évolutions de notre microbiote, et qui sait, de notre physiologie ?

Rencontre avec le programme MELiSSA, Micro-Ecological Life Support System Alternative de l’Agence Spatiale Européenne, qui se donne pour objectif de développer les technologies d’un futur système support-vie régénératif pour les missions spatiales humaines de longue durée. Visant à atteindre le plus haut degré d’autonomie, l’intérêt est donc de produire de la nourriture, de l’eau et de l’oxygène à partir des déchets de la mission et MELiSSA vise idéalement à créer un écosystème circulaire et artificiellement fermé.

Dirigé depuis 1990 par le professeur Christophe Lasseur, MELiSSA a mené en 2017 (soit trente ans après l’expérience chinoise) une expérience à bord de la Station Spatiale Internationale, la mission ArtemISS – abréviation de « Arthrospira gene Expression and mathematical modelling on cultures grown in the International Space Station » (expression génétique et modélisation mathématique d’Arthrospira cultivées dans la Station Spatiale Internationale) – impliquant un photobioréacteur qui permet de déterminer comment la microgravité et les radiations spatiales influent sur le taux de croissance de l’Arthrospira, ou Limnospira indica, plus connue sous le nom de spiruline. Fort du succès de cette mission (la spiruline se développe comme sur Terre), une expérimentation avec un équipage de rats qui pourront respirer grâce à l’oxygène fourni par des bioréacteurs de spiruline devraient également rejoindre l’ISS plus tard dans la décennie.

Nous voulions en savoir plus et sommes allés en novembre 2021 à l’Université Autonome de Barcelone à la rencontre du Dr. Francesc Gòdia, directeur de l’usine test du programme MELiSSA, puis au European Space Research and Technology Centre (ESTEC) de l’Agence Spatiale Européenne à Noordwijk aux Pays-Bas pour rencontrer Christophe Lasseur et sa collègue, la Dr. Sandra Ortega Ugalde.

 

Crédits :
Entretiens réalisés par Ewen Chardronnet

Prise de vue et montage : Sandra Bühler
Mixage : Quentin Aurat
Sous-titrage : David Bernagout

Cette série d’entretiens fait partie du projet de recherche artistique « Homo Photosyntheticus » de Ewen Chardronnet et Maya Minder.

Le projet Homo Photosyntheticus est une co-production Antre Peaux / ART2M-Makery et est co-financé par le programme « Art et développement durable : les acteurs culturels s’engagent » de la Région Centre-Val-de-Loire et par le programme Europe Créative de l’Union Européenne (projet More-Than-Planet).
https://www.makery.info/
https://www.more-than-planet.eu/

« Financé par l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA). Ni l’Union européenne ni l’EACEA ne sauraient en être tenues pour responsables. »

Ewen Chardronnet

https://www.ewenchardronnet.com/

Artiste, auteur, journaliste et commissaire d’exposition, Ewen Chardronnet contribue depuis vingt ans au développement d’œuvres collectives dans les champs de l’art d’investigation, de l’art spatial, de l’art et science et de la performance. Il s’intéresse à la culture hacker, aux médias tactiques, à la science-fiction du présent, à l’écologie, au queer et au bioart. En tant que journaliste, il collabore à divers magazines dont Makery, Solidarum ou Ciel & Espace.

Maya Minder

http://mayaminder.ch/

Historienne de l’art, artiste, chercheuse et commissaire d’exposition, Maya Minder travaille dans le domaine de l’Eat-art. En tant que spécialiste de la lactofermentation, elle réalise des expériences avec des bactéries, des champignons et des algues tout en appliquant ces connaissances à la cuisine, à la réalisation de films, à l’artisanat et au design. En continuité avec l’histoire du féminisme, elle combine art, science et théories queer avec sa pratique de biohacker.

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