9. Biomédias

Un événement du medialab Makery

Comment favoriser les rencontres entre les pratiques artistiques et la recherche biomédicale en santé ? Comment l’art peut-il soulever des questions d’équité dans l’accès aux soins ? Quel type de vocabulaire et de méthodologies pouvons-nous utiliser pour engager et encourager des collaborations interdisciplinaires susceptibles de contribuer activement au soutien des personnes vulnérables, malades ou victimes d’inégalités dans l’accès au soin ?Et comment pouvons-nous répondre à des questions aussi urgentes que l’exclusion des groupes marginalisés des soins de santé, les migrations mondiales, les effondrements de la santé environnementale et la nécessité de favoriser des soins radicaux en ces temps de pandémie ?

Open Source Body est un festival transdisciplinaire organisé tous les deux ans par le medialab Makery.info afin de favoriser les rencontres et les collaborations entre artistes et professionnels de la santé et de la recherche biomédicale. En 2021 Open Source Body s’associe à la Cité Internationale des Arts et au tiers-lieu Volumes Paris pour 3 jours de conférences, discussions, ateliers et performances. Open Source Body s’est tenu dans le cadre de ART4MED.EU (2020-2022), initiative co-financée par le programme Creative Europe de l’Union Européenne.

OPEN SOURCE BODY          ART4MED          MAKERY

 

PROGRAMME :

CITÉ INTERNATIONALE DES ARTS

Jeudi 20 mai, matinée : Anthropologie, féminisme, postcolonialité et soins radicaux

Natasa Petresin (Fr/Si), Cité Internationale des Arts – modération
Emilia Sanabria, CNRS
Aniara Rodado
Luiza Prado
Paloma Ayala, Badlab Collective

Jeudi 20 mai, après-midi : ART4MED, Art Meets Health and Biomedical Research

Ewen Chardronnet – modération
Adriana Knouf, Miha Tursic – Waag, Nl

Emilia Tikka, Erich Berger, Oula Valkeeapa, Lena Valkeepa – Bioart Society, Fi
Shu Lea Cheang, Vivien Roussel – Art2M/Makery, Fr
Helena Nikonole & Lucy Ojomoko, Jurij Krpan & Simon Gmajner – Kersnikova Institute, Si

Vendredi 21 mai, matinée : Perturbateurs endocriniens et design d’action publique

Ewen Chardronnet – modération
Aliens in Green: Bureau d’études + Špela Petrič
Mariana Rios Sandoval (CNRS)

Vendredi 21 mai, matinée : Ensargasse-Moi

Annabel Guérédrat

Vendredi 21 mai, après-midi : Photosymbioses et santé humaine – panel 1

Jens Hauser (Medical Museion Copenhagen)
Myra Chavez (Anatomy Institute, Bern University)

 Vendredi 21 mai, après-midi : Photosymbioses et santé humaine – panel 2

Jens Hauser – modération
Maya Minder & Ewen Chardronnet
Quimera Rosa

20-21 mai, corridor : Green Open Food Evolution – Roscosmoe

Roscosmoe – Green Open Food Evolution – Interview Dr. Myra Chavez-Rosas

Roscosmoe – Green Open Food Evolution – Interview Dr. Philippe Potin

Roscosmoe – Green Open Food Evolution – Interview Dr. Dominik Refardt

Roscosmoe – Green Open Food Evolution – Interview Edouard Bal, Cueilleur d’Estran

Installation de Maya Minder, Ewen Chardronnet, Sandra Bühler

20-22 mai, petite galerie de la Cité Internationale des Arts

Seconde peau – soft walls, patch.e.s & soap
Exposition de Nathalie Harb & Benoit Piéron

VOLUMES LAB & FOODLAB

Samedi 22 mai, après-midi

Echo of Leaf and Body, workshop du BabLab Collective

Green Open Food Evolution, workshop de Maya Minder

ICTUSCORDIS, performance de Janus Alez Luzna

Ictus Cordis · ICTUSCORDIS performance recorded @ OpenSourceBody – Paris 22.5.2021

 

©Quentin Chevrier
©Quentin Chevrier
©Quentin Chevrier
     

– Quelle est ton expérience des biolabs ?

Mon expérience dans des biolabs a commencé en 2017 dans le Centre d’Arts et Technologies Etopia à Saragosse, en Espagne, dans le cadre d’une résidence artistique du collectif Quimera Rosa dont je fais parti. Etopia possède un laboratoire professionnel supervisé par une équipe de l’Université de Saragosse et une biologiste nous a formé à l’utilisation de ce laboratoire.

C’est ensuite à Barcelone, dans le cadre d’un programme co-porté par Hangar, Centre de Production et de Recherche en Arts Visuels, et le Parc de Recherche Biomédicale de Barcelone que cette formation a continué. Une formation initiale dans le PRBB dans un laboratoire (niveau BSL3) sur la culture de cellules a été suivi d’un programme de recherche biomédicale dans le biolab de Hangar. La collaboration avec Hangar étant permanente la nouvelle version de son biolab s’est faite en même temps que celle d’UrsuLaB et nous avons pu mutualiser des connaissances. Nous avons également monté de laboratoires temporaires dans le cadre d’ateliers à l’université de Davis Californie et  l’Université Goldsmth à Londres . Enfin dans le cadre de différents projets nous avons eu accès au au biolab de d’Ars Electronica à Linz, Autriche et de celui de Kerniskova Institute en Slovénie.

– Qu’est que l’UrsuLab, en quelques mots ?

UrsuLaB un nouveau lieu-outil installé et porté par Antre Peaux. Il est constitué par unE laboratoire de biologie (niveau BSL1, homologué par l’OMS pour des activités pédagogiques avec des organismes non pathogènes), une grainothèque / banque de graines ainsi que par un centre de documentation. Il est destiné à travailler en interrelation avec les différents secteurs d’Antre Peaux afin d’accueillir artistes, scientifiques, scolaires, maraîchèr.es, agriculteur\trices, enseignant.e.s pour des activités de recherches, d’expérimentations, de transmissions et de rencontres. UrsuLaB vise à diversifier et mettre en relation les publics existants en tendant des ponts entre mondes urbain et rural. UrsuLaB propose également une articulation entre local et global, qui nous semble indispensable pour éviter les replis identitaires actuels. UrsuLaB est également un outil pour mener des actions hors les murs depuis une perspective arts, sciences et écologies. Enfin, UrsuLaB est un moteur pour la transition écologique d’Antre Peaux.

– Quel a été le cheminement, en quelques mots ?

Le cheminement commence par un long compagnonnage entre Antre Peaux et Quimera Rosa. De nombreuses activités de préfiguration sous forme de résidences, ateliers et événements ont permis d’établir les bases de la création d’UrsuLaB. Aucun biolab de ce type n’existait en France et l’ancrage d’Antre Peaux sur le territoire depuis plus de 35 ans, la qualité et diversité de son équipement ainsi que de son équipe professionnelle en faisait le lieu idéal pour ce projet. C’est à partir de ces bases qu’un dossier a été élaboré pour présenter à la Fondation Carasso. Après avoir reçu une réponse favorable et un soutien important de sa part nous avons démarré travaux et équipement. Nous avons à partir de là renforcer nos partenaires institutionnels, en particulier la Région Centre-Val de Loire et la DRAC dans le cadre du plan de relance, ainsi que des rencontres avec des acteurs du territoire. Et nous avons pu, malgré la situation pandémique, pu accueillir des artistes et d’étudiants locaux en résidence, ainsi que des médiations avec des publics spécifiques (scolaires, EHPAD) et des activités en ligne.                                                    

– D’où vient le mot UrsuLab ?                                                                                                         

Le nom UrsuLaB est un hommage à l’autrice de science-fiction Ursula K. Le Guin, qui dans ses romans évoquait depuis des dizaines d’années la situation de crise écologique que nous vivons actuellement. Le choix de ce nom établit un également un ancrage féministe pour aborder les défis en cours, raison pour laquelle nous définissons UrsuLaB comme unE laboratoire. Enfin une dimension qui nous semble capitale et qu’elle insistait sur la nécessité de créer de nouveaux récits afin de pouvoir changer le présent. Et que contrairement à de nombreux récits catastrophistes elle proposait des récits non dystopiques (ce qui ne veut pas dire utopique).

– Comment le vois-tu dans un futur plus ou moins proche ?

Pour faire le lien avec la question précédente et en suivant l’inspiration donnée par Le Guin, je dirais qu’UrsuLaB pourrait participer à créer des présents désirable et des futurs possibles, ancrer les synergies entre différents types d’acteurs afin d’appréhender les problèmes actuels et de créer du dialogue En termes pratiques et vu les nombreuses sollicitations que nous avons déjà reçu, tant au niveau local qu’international  avant même d’avoir fini les travaux, j’imagine qu’à court et moyen terme, UrsuLaB sera une laboratoire qui sera appropriée par de plus en plus de personnes différentes et qu’il pourra devenir un lieu de référence capable de créer de nouvelles synergies dans le territoire où il est ancré et que de plus en plus de partenariats seront établis entre monde rural et urbain, entre privé et public, et que de nouvelles filières d’enseignement pourront être créées.

Découvrez l’artiste Sophie Hoyle. Artiste et écrivain britannique, ielle aborde dans son travail l’approche intersectionnelle des questions post-coloniales, queer, féministes, du handicap et de la psychiatrie critique.

L’ensemble de son travail sur son vimeo.

Makery l’a rencontré(e) avant sa résidence EMARE – European Media Art Residency – à l’Antre-Peaux de Bourges 

Article Makery FR
Article Makery EN

Lors du werkleitz festival 2021, ielle à tenu.e une conférence en ligne autour de son dernier projet Chronica :

Werkleitz Festival Stream (EN) – Chronica (body of evidence). Biomedical technologies and abstractions of experience

 

Interview réalisée par Sacha Leclerc lors de sa résidence à l’Ursulab (Antre Peaux) (VOSTFR/EN)

 

 

Une résidence du 18 au 22 janvier pour écrire de nouveaux mondes avec Emilia Sanabria et Aniara Rodado. 

HealingEncounters passera une semaine dans une résidence d’écriture spéculative immersive hébergée par UrsuLab, un laboratoire de biomédias qui s’inspire de l’écrivaine de science-fiction Ursula Le Guin. La résidence s’appuie sur une première expérience d’écriture de science-fiction entre Joe Dumit et Emilia Sanabria dans le cadre d’une invitation de la revue American Ethnologist à spéculer sur les futurs post-Covid. Ils s’inspirent de l’expertise afro-féministe pour s’engager autrement avec l’avenir et ainsi reprendre les pratiques proposées par le trouble-fête afroféministe queer Alexis Pauline Gumbs. Ils seront rejoints par Joe Dumit (UC Davis), Kris Peterson (UC Irvine) et Aniara Rodado (Ecole Polytechnique).

 

Le chant du monde, est une proposition de résidence au sein de l’UrsulaB, un centre de ressources et de recherche trans-disciplinaires sur les bases de partenariats les plus ouverts possible. Cette espace logé à la friche artistique de Bourges qui convoque à la fois fiction et réconciliation avec le vivant, est un lieu d’exploration, de co-habitation pour revoir le monde comme une forêt.
 
Face, à une crise qui remet en cause nos liens de proximité, balayant dans la lumière les poussières d’inégalités créées par notre société, nous sommes en mesure de nous interroger sur comment établir un lien entre les hommes et les plantes ? 
 
Face à cette situation sanitaire, les plantes deviennent des compagnes, des confidentes de premier choix. Elles sont là près de nous dans nos intérieurs de confiné, elles habillent de joie nos journées, comblent l’ennui par leur présence d’organisme vivant.
 
La contrainte exercée par le confinement devient une source de réflexion sur l’utilisation de moyens présents pour établir des échanges mais aussi créer de nouveaux moyens de rapprochement, pour apaiser nos corps humain mais aussi nos corps végétaux.
 
« Parlez-vous à vos plantes ? »
« -Il faut leur parler. Je leur dis : « Et bien, tu es bien mignonne. » Hier j’ai coupé une petite feuille. « Bon, elle te gène, je vois bien, il faut l’enlever, voilà. »  me répondait Madame Brants 84 ans pensionnaire à la maison de retraite terre nègre à Bordeaux.
 
Je vous propose cette expérience, ce voyage d’une interaction inter-espèce entre vous et moi mais surtout entre nous est elles. 
La crise viens du mots grec krisis, sa définition est multiple. Elle définit par exemple, l’étape au cours d’une maladie ou l’on tend vers le mieux être ou le pire. 
Ici c’est un appel à l’imagination, à réinventer, l’appel du végétal à partager ! 
Recréons une relation de colocataire entre hommes/plantes et tout organisme qui vit avec nous ce confinement uniquement humain.