L’oubli, – et le son de ce mot comme une double bulle.
Voilà la malédiction à laquelle Ondine a été soumise, en choisissant d’aimer et d’épouser le chevalier Hans : comme le voulait le pacte scellé avec le Roi des Ondins, son bien-aimé meurt pour l’avoir trahie, et elle se trouve dès lors dépossédée du moindre souvenir de leur amour.
Mais l’espiègle et imprévisible ondine a pris soin d’en inscrire dans son corps la mémoire, afin que malgré la mort et l’oubli, son amour pour Hans perdure.
Ce récit est longtemps resté enfoui, peu s’en souviennent.
Mais voilà qu’il tend soudain à refaire surface, chatouillé par la plume d’une chercheuse qui l’interroge depuis sa table d’écriture, sans se douter qu’elle sera bientôt en proie à de multiples métamorphoses, tout comme cette pile de papier sagement disposée près de son encrier : parmi les plis du corps et du papier se réveille une nécessité aussi mystérieuse que puissante, que chaque parole prononcée attise. Du mot au mouvement, quelque chose louvoie : voilà que l’histoire d’Ondine, lentement, remonte le courant.
A vous de surprendre, depuis la rive, les fugitives apparitions du merveilleux.

