Originaire du Cameroun, l’Akutuk est une technique de percussions aquatiques à mains nues, un jeu entre l’air, l’eau et le corps. Ce savoir-faire ancestral rend hommage aux éléments de la nature pour leurs bienfaits. Activité strictement féminine, il est transmis depuis des générations de femme à femme dans la forêt camerounaise. Traditionnellement, l’Akutuk accompagne certaines activités comme la pêche ou la lessive. Les femmes se réunissent à 2 ou 3 pour célébrer les esprits de l’eau, avec des polyrythmies qui peuvent parfois contenir de véritables messages pour les oreilles initiées…
Ici, l’eau se veut comme un vecteur universel d’émotions qui rappelle chacun de nous à son origine, et nous relie entre peuples, pour l’avenir et la beauté du monde. La première rencontre avec les sonorités Akutuk résonne toujours comme une révélation ! Tant que nos yeux ne nous l’auront pas confirmé, il sera difficile de se convaincre que les basses rondes, sourdes et puissantes, ou que les claps sonores, mélodiques et variés ne sont pas produits par une peau tendu sur un fût, mais bien par une main percutant l’eau ! Un moment de poésie sonore et visuelle unique.
Le projet Akutuk Origins tente de réhabiliter un matrimoine culturel dont la musique a failli se taire. Notre rapport à l’eau ayant changé au fil du temps. Loïs Zongo, la porteuse du projet, mobilise ses ressources en fédérerant les femmes de son village natal pour revaloriser des pratiques musicales tombées en désuétude, et rendre de nouveau visible cet héritage dans l’espace public.
« Ceci pourra permettre aux jeunes générations de grandir avec d’autres modèles d’identification et de se projeter dans des carrières jusqu’ici inimaginables ».
