Films-Partitions

Dates

Mardi 13 (ou 20) Octobre — Mon oncle
Mardi 17 Novembre — The connection
Mardi 15 Décembre — Bonjour (Annulé)
Mardi 19 Janvier — L’ordre (Annulé)
Mardi 19 Janvier — Méditerranée (Annulé)
Mardi 26 Janvier — Ludvig Van (Annulé)
Mardi 9 Février — La rivière Subarnarekha (Annulé)
Mardi 16 Mars — Mur
Mardi 6 Avril — Fantastic Mister Fox
Mardi 11 mai — Réminiscences d'un voyage en Lituanie

Toutes les séances sont à 21h.

PARTENAIRES

Le terme partition désigne d’abord le texte musical qu’un compositeur propose à des interprètes. Mais il est avant tout une opération de division dont l’usage lexical le plus courant concerne l’éclatement d’un pays en deux ou plusieurs Etats qui implique que se dessinent de nouvelles frontières. Le film est par essence traversé de nombreuses partitions (fiction/documentaire, image/son, silencieux/parlant…) et le montage qui est une de ses inventions majeures consiste en des opérations de coupe et de collage.

Le cycle Films-Partitions fait l’hypothèse que certains films constituent des partitions dans les deux acceptions du terme : au sens musical, comme composition et au sens géopolitique comme moment de division.

Des figures en exil qui prennent la mesure de leur déracinement (La Rivière Subarnarekha, Réminiscences d’un voyage en Lituanie), le refus de l’ordre des choses (Bonjour, L’ordre), la lutte amusée de l’ancien et du moderne (Mon Oncle), le retour d’un compositeur venant prendre la mesure de son héritage ( Ludwig Van), une communauté animale organisant sa survie (Fantastic Mister Fox), l’arpentage d’un territoire historique et la violence de la frontière (Méditerranée, Mur) ou encore la communauté ambiguë que composent des musiciens (The connection), sont autant de motifs qui nous engagent à scruter le monde et à en dévoiler le partage.

Si comme le dit le philosophe Jacques Rancière « le partage du sensible fait voir qui peut avoir part au commun en fonction de ce qu’il fait et du lieu où il est. », le film entendu comme partition est un usage du monde où le spectateur peut décider de sa place et de son interprétation.

Mon oncle – Jacques Tati – France 1958, 120 minutes
Monsieur Hulot est employé par son beau-frère dans son usine de tuyaux de plastiques. Personnage fantasque et rêveur, il fait vaciller au bord de la catastrophe le kitsch d’une entreprise futuriste et technologique.

The connection – Shirley Clarke – USA 1961, 110 minutes
Un documentaire fictif avec des musiciens de jazz et des artistes toxicomanes qui attendent chacun leur dealer qui est le lien de tous les protagonistes. La lourdeur du huis-clos et de l’attente enrobée d’arabesques musicales.

Bonjour - Yasujiro Ozu - Japon 1959, 94 minutes
Dans la banlieue de Tokyo, Minoru et Isamu, deux enfants à qui l’on interdit de regarder la télévision, entament une grève de la parole. La marche du progrès et le poids des conventions sociales filmés de manière insolente et drôle.

L’ordre - Jean Daniel Pollet - France 1973, 44 minutes
Qu’est-ce qui établit la frontière entre le normal et l’anormal ? Telle est la question posée par Raimondakis, fils d'avocat, devenu lépreux, enfermé pendant 36 ans et qui se fait le porte-parole des lépreux. Une bouche d’ombre nous parle depuis l’îleléproserie de Spinalonga.

Méditerranée - Jean Daniel Pollet - France 1963, 45 minutes
La « mer au milieu des terres » filmée comme un bloc d’espace onirique et de temps immémorial. Les images y sont des hiéroglyphes, le mythe et le présent sont minéralisés sous la forme du contrepoint et du temps cyclique.

Ludvig Van - Mauricio Kagel - Allemagne 1970, 91 minutes
A la fin des années 60, Beethoven revient dans sa ville natale de Bonn qui est devenue un musée et prend la mesure de son héritage. Un film du compositeur Mauricio Kagel qui s’inscrit dans le contexte du mouvement Fluxus avec dans interventions des artistes Joseph Beuys, Dieter Roth et Robert Filliou et qui pose la question de comment entendre ses oeuvres au présent quand on est devenu sourd.

La rivière Subarnarekha – Ritwik Ghatak - Bengale 1962, 139 minutes
1948, indépendance de l’Inde et partition du Bengale. Un camp de réfugié et un fleuve qui sépare des territoires dont l’éclatement disloque aussi les êtres et les choses car comme le dit Ritwik Ghatak lui-même « dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, nous sommes tous des déplacés, nous sommes tous sans racines ».

Mur - Simone Bitton - 2004, 96 min
Le film longe le mur de séparation érigé en Cisjordanie par l'armée israélienne et qui éventre l'un des paysages les plus chargés d'histoire du monde. Dans le fracas des foreuses et des bulldozers, des corps et des voix résistent au béton de part et d’autre du mur.

Fantastic Mister Fox - Wes Anderson - USA 2009, 88 minutes
L’adaptation en animation du livre de Roald Dahl. Autour de la figure de Maître Renard se rassemble une communauté animale luttant pour sa survie face à des humains prédateurs. Le conflit semble inéluctable.

Réminiscences d’un voyage en Lituanie - Jonas Mekas - USA, 1972, 88 minutes
Les éclats visuels des souvenirs d'une "personne déplacée" retrouvant son village natal pour la première fois après vingt-cinq ans d’exil à New-York. Un détour par l’Europe où Mekas croisent ses amis artistes.

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