Au départ, un SILO est une cavité creusée dans le sol. À même la terre, les récoltes sont entreposées puis recouvertes pour leur conservation. La terre épaisse protège du froid et des assaillants. Le silo constitue une réserve. Il protège et préserve les grains de l’été pour l’hiver. Il fait partie du quotidien, sa présence est aussi essentielle qu’invisible. En adéquation avec la pensée à la fois métaphorique et politique de Myriam Mihindou, le silo est synonyme du grand corps, le corps collectif, celui qui rassemble les vivants et les morts, les humain.es et non humain.es.
Myriam Mihindou (née en 1964, à Libreville, Gabon. Artiste nomade, elle vit et travaille dans le Tout-Monde), qui fait partie intégrante du grand corps, nous en livre ses formes, ses langages, ses mémoires, ses luttes, ses déplacements et ses collaborations. Dans une relation poétique et sensible aux mots, aux objets, aux pratiques et aux gestes, une corrélation entre le silo et la mémoire est établie. Une mémoire transhistorique et transculturelle ; qui, par extension, est celle du grand corps, la matrice du vivant conjuguée au passé, au présent et au futur.Le temps de l’exposition, le Transpalette devient le silo poreux d’une œuvre foisonnante dont il paraît urgent de présenter la pluralité et la densité. Le centre d’art est ainsi envisagé comme un silo, un réservoir dans lequel sont conservés les grains, un ensemble d’œuvres réalisé entre 2000 et 2020. Vingt années de créations protéiformes (sculpture, installation, vidéo, performance, photographie) sont réunies pour comprendre une démarche plastique inscrite dans une recherche profonde et complexe. Myriam Mihindou place le corps – le sien, les nôtres, les leurs – au cœur d’une pratique artistique curative.
Une exposition qui s’inscrit dans le carde de l’événement Bourges Contemporain
Événement en lien avec l’exposition :
• Vernissage le vendredi 2 juillet à 18h30 avec la performance «La Genette» de Myriam Mihindou
Pour la performance, Myriam Mihindou utilise l’image métaphorique de la genette : un petit mammifère nocturne et discret, menacé, il subit les ravages de la déforestation, l’obligeant ainsi à changer de milieu naturel. Ce viverridé devient ainsi le vecteur d’une alerte quant aux exodes ruraux et l’effacement d’une mémoire collective.
• Discussion avec Myriam Mihindou animée par Yasmine Belhadi le samedi 3 juillet à 14h au Nadir. Visite commentée de l’exposition SILO à 15h.
• Performance vocale «Hybird» liée à l’exposition SILO, le jeudi 15 juillet à 19h30 par Violaine Lochu.





