Vernissage SILO

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Pour la performance, Myriam Mihindou utilise l’image métaphorique de la genette : un petit mammifère nocturne et discret, menacé, il subit les ravages de la déforestation, l’obligeant ainsi à changer de milieu naturel. Ce viverridé devient ainsi le vecteur d’une alerte quant aux exodes ruraux et l’effacement d’une mémoire collective.

La Genette – 2021

La genette commune est un.e petit.e félin.e, un.e mammifère nocturne et discret.e. Son pelage est formé de taches et de rayures noires. Sa longue queue rappelle la silhouette d’un serpent. Ielle peut être confondu.e avec un.e chat.te. Ielle vit dans certaines forêts d’Europe, d’Afrique et du Proche Orient.

Pour la performance, Myriam Mihindou réfléchit à partir de la genette (ou civette), notamment depuis son retour au Gabon en février 2020. L’animal devient le vecteur d’une pensée du vivant, du milieu dans lequel nous vivons. Par extension, la genette traduit aussi annonce l’exode des forêts.

L’artiste raconte : « Je souhaite fixer une image performative de la Genette, celle de femmes de plantations forestières que j’ai rencontrées dans le sud Gabon. Elles portent un panier en osier tressé sur le front, dans le panier se trouvait une machette, du bois et, sans doute, quelques bananes et tubercules qu’elles cultivent loin des villages. Ces femmes parcourent des kilomètres pour assurer le repas quotidien de leurs familles. Les pistes qu’elles empruntent sont dangereuses. Des animaux peuvent barrer leur route à tout moment et la machette est là pour assurer leur protection. Ces femmes ne se contentent pas de la machette. Elles doivent tromper le serpent, car il n’est pas louable de le tuer – le serpent est un esprit. La Genette au dos moucheté tue le serpent, elle peut être cruelle en cas d’attaque. C’est aussi un attribut mystique qu’on utilise dans les aires rituelles pour éloigner le mauvais esprit. Ces femmes des brousses, cultivatrices et cueilleuses, portent leurs nasses, des pagnes amarrés sous leur tee-shirt défraîchi, pâli par le soleil, et un legging tacheté qui rappelle le pelage de la Genette. Ce n’est pas un effet de style, elles assurent leur marche tranquille. »

Myriam Mihindou souhaite fixer l’image de cette rencontre d’une manière performative pour évoquer les activités des femmes cultivatrices et cueilleuses, mais aussi pour parler de la disparition des peuples des villages. Ces derniers sont menacés par l’exode de leurs habitant.es. Les occupant.es de la forêt sont chassé.es par l’industrie néolibérale « qui s’installe dans les villages pour asseoir des projets de déplacement, d’expropriation, de meurtre de l’imaginaire ethnique. Ces projets engendrent des exodes massifs. L’image de la Genette et des femmes cultivatrices est déjà le spectre d’une disparition, cette disparition est au plus près d’une partie de ma descendance. »

À voir aussi

ven. 2 juilletdim. 19 septembre 2021
Gratuit

SILO

Myriam Mihindou / Commissariat : Julie Crenn

Au départ, un SILO est une cavité creusée dans le sol. À même la terre, les récoltes sont entreposées puis recouvertes pour leur conservation. La  terre  épaisse  protège  du  froid  et  des  assaillants.  Le  silo  constitue  une  réserve.  Il  protège  et  préserve  les  grains  de  l’été  pour  l’hiver.  Il  fait partie du quotidien, sa présence est aussi essentielle qu’invisible. En  adéquation  avec  la  pensée  à  la  fois  métaphorique  et  politique  de  Myriam  Mihindou,  le  silo  est  synonyme  du  grand  corps,  le  corps  collectif, celui [...]

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