Projet Homo Photosyntheticus : Entretien avec le collectif Quimera Rosa
9. Biomédias

Projet Homo Photosyntheticus : Entretien avec le collectif Quimera Rosa

de Ewen Chardronnet et Maya Minder

À l’occasion de l’ouverture de l’UrsuLab en octobre 2021 et du démarrage de la résidence Homo Photosyntheticus de Ewen Chardronnet et Maya Minder, les artistes se sont entretenus avec le collectif espagnol Quimera Rosa sur leur projet Trans*Plant et le devenir photosynthèse.

Interview vidéo (crédits) © Ewen Chardronnet et Maya Minder
Co-réalisation (cadrage et montage) : Sandra Bühler

Traduction et sous-titrage : Arielle Estrada, Ewen Chardronnet, David Bernagout

Trans*Plant est un projet transdisciplinaire, initié par Quimera Rosa en 2016, qui utilise des systèmes vivants et est basé sur l’auto-expérimentation : c’est un processus qui implique une transition « humain > plante » dans différents formats. Le projet juxtapose des disciplines telles que les arts, la philosophie, la biologie, l’écologie, la physique, la botanique, la médecine, les soins infirmiers, la pharmacologie et l’électronique. Trans*Plant entend développer un projet qui s’implique dans les débats actuels sur l’Anthropocène à partir d’une perspective qui n’est pas basée sur « l’exceptionnalisme humain et l’individualisme méthodologique », mais qui aborde le monde et ses habitants comme le produit de « processus cyborg », de « devenir avec » et de « sympoïèse ».

Quimera Rosa nous engage à penser à une écologie non anthropocentrique devant « passer d’identités fondées sur des essences à des identités fondées sur des relations ». Ils nous expliquent le processus de transition humain>végétal incluant un protocole d’injection de chlorophylle auquel ils se sont expérimentés et qui, par les peurs, les fantasmes et les jugements qu’il génère, ouvre le débat sur le système identitaire. Le collectif l’affirme : « un processus d’auto-expérimentation n’est pas un processus individuel, il est toujours collectif ». Et nous rappelle que « obtenir une molécule pure de chlorophylle est aussi difficile que de se procurer de la testostérone auprès de l’industrie pharmaceutique et biomédicale ou du système juridique et sanitaire. Toute vie est brevetée », alertent-ils.

Le projet Homo Photosyntheticus est une co-production Antre Peaux / ART2M-Makery et est co-financé par le programme « Art et développement durable : les acteurs culturels s’engagent » de la Région Centre-Val-de-Loire et par le programme Europe Créative de l’Union Européenne (projet More-Than-Planet).
https://www.makery.info/
https://www.more-than-planet.eu/

« Financé par l’Union européenne. Les points de vue et avis exprimés n’engagent toutefois que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture (EACEA). Ni l’Union européenne ni l’EACEA ne sauraient en être tenues pour responsables. »

Ewen Chardronnet

https://www.ewenchardronnet.com/

Artiste, auteur, journaliste et commissaire d’exposition, Ewen Chardronnet contribue depuis vingt ans au développement d’œuvres collectives dans les champs de l’art d’investigation, de l’art spatial, de l’art et science et de la performance. Il s’intéresse à la culture hacker, aux médias tactiques, à la science-fiction du présent, à l’écologie, au queer et au bioart. En tant que journaliste, il collabore à divers magazines dont Makery, Solidarum ou Ciel & Espace.

Maya Minder

http://mayaminder.ch/

Historienne de l’art, artiste, chercheuse et commissaire d’exposition, Maya Minder travaille dans le domaine de l’Eat-art. En tant que spécialiste de la lactofermentation, elle réalise des expériences avec des bactéries, des champignons et des algues tout en appliquant ces connaissances à la cuisine, à la réalisation de films, à l’artisanat et au design. En continuité avec l’histoire du féminisme, elle combine art, science et théories queer avec sa pratique de biohacker.

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