Still…*
*(encore, toujours, quand même)
Comme chaque année, la Carte Blanche revient à l’Antre Peaux et les étudiant·es n’ont pas fini de nous surprendre.
C’est le moment où le travail mené sur toute l’année avec l’artiste associé Théophile Dubus sort de l’atelier pour se confronter au public. Ici, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre, et c’est précisément ce qui fait la force de ce rendez-vous.
Entre curiosité et propositions fascinantes, cette 8e édition brasse large : des billes de céramique, du scream, des photos de famille, un cercueil et même un fantôme vous attendent.
Un inventaire imprévisible pour découvrir des performances qui ne ressemblent à aucune autre. Venez sans a priori et laissez-vous surprendre !
Programme :
— NADIR
Adieu Au Revoir, de Camilla Julia – 15 min
Que deviennent les gestes qu’on ne fait pas ?
les mots qu’on ne dit pas,
ceux qui laissent s’installer un silence destructeur,
qui nous éloigne de plus en plus jusqu’à ce qu’on ne se voit même plus,
qu’on se reconnaisse plus non plus.
Que faire de ce silence qui nous est imposé, à part le rompre ?
Comment combler l’absence de réponse ?
Requiem Quotidien, de Gwen Jugand, 11 min
Hier, aujourd’hui et demain,
nous nous sommes levés, nous nous levons et on se lèvera,
Au point du jour, à midi ou quand on pourra se le permettre.
Quoi qu’il arrive, le soleil se lève demain, et la journée tiendra de l’extraordinaire.
Who’s to blame ?, de Marion Bossuat, 5 min
Noise et scream
« Le monstre est celui qui vit en transition. Celui dont le visage, le corps et les pratiques ne peuvent encore être considérées comme vraies dans un régime de savoir et de pouvoir déterminés ».
Je suis un monstre qui vous parle, P.B Preciado
— HAÏDOUC
Le chemin invisible, de Man Ao, 15 min
La performance exprime la situation difficile des femmes victimes de violences domestiques, tout comme ces fils densément entrelacés qui les enferment telle une prison. Les identités des femmes au sein de la famille — épouse, fille, mère, etc. — et le sens des responsabilités que ces rôles impliquent sont également ce qui les maintiennent piégées. Comment trouver une issue face à cette situation difficile ?
— HOULOCÈNE
Cercles, de Sténella Boucher, 15 min
À travers un dispositif mettant en jeu des billes de céramique, des bols, et des micros, Cercles travaille la matière sonore. Le corps de la performeuse y est à la fois sujet et moteur. De couches successives en répétitions obsessionnelles, le son sculpte l’espace, entre bruit, silence habité et saturation.
LA Té-Lé-Vision, de Wendy Rojas Baquero, 5 min 55
À travers le clown, le cirque, la danse, cette performance questionne les (des)informations que transmet la télévision. “La télévision, cette dernière lumière qui vous sauve de la solitude et de la nuit, est la réalité. Parce que la vie est un spectacle pour ceux qui se comportent bien, le système promet un siège confortable.” Le livre des étreintes, Eduardo Galeano
Je crois que je cherche rien si ce n’est à te tenir la main, de Fili Liaskos et Julie Maury, 15 min
Hier je t’ai envoyé une lettre : ça s’étire, j’écarte nos peaux pour sucer quasiment la chair. Des échos de voix oubliées, des visages effacés : des fragments de mémoires qui se croisent sur nos chemins, que l’on essaye de collecter, en vain.
— NADIR
Un tombeau pour les salopes (to feel alive again and wait for real love), de Maë Dubeau et Alexis Hannequin, 25 min
Le mot « salope » crée ce qu’il nomme, une assignation péjorative à la puissance performative et vous êtes invité.e.s à son enterrement.
Un tombeau pour les salopes (to feel alive again and wait for real love) dresse le portrait de la naissance d’une fureur pour l’autodétermination des peuples et des personnes, une fureur qui tâche, une fureur qu’on n’a pas le droit de regarder en face mais qu’on vous invite quand même à venir voir.
Avertissement : Cette performance contient corps nus, contenus explicites, arme factice, aiguille et sang. Nous vous invitons à prendre soin de vous et à vous sentir libre de quitter la salle à tout moment.
— JARDIN
Toutes les fêtes de demain, de Naëlle Cardoze, 15 min
“La fête peut être cet espace temps de la découverte épiphanique de soi, dans la sensualité et la corporéité, qui se déclare, d’un coup brusque, libéré d’attaches invisibles.”
Boom Boom, Politique du dancefloor, Arnaud Idelon.
Aujourd’hui en France et un peu partout en Europe, la fête libre est considérée comme un crime, pensée comme une ode à la fête, une berceuse dansante, bruyante, et radicale qui porte ses adelphes, Toutes les fêtes de demain est un hommage à toute une communauté, à toute une génération. Un porte-voix qui amène à (re)penser nos espaces.
MAÎTRE DE CÉRÉMONIE : Calil Rolais-Bulteau


