Déjeuner nu

Biographie

Fleur Melbourn est une artiste visuelle et écrivaine londonienne travaillant principalement avec la vidéo. Elle est actuellement basée à Athènes. Son travail traite des structures cachées de la violence en parodiant, en fictionnant ou en faisant remonter à la surface des systèmes de contrôle qui prennent forme dans le classicisme, le patriarcat et le capitalisme.

Depuis 2015, Fleur se concentre sur des vidéos mettant en scène des personnages, où le dialogue et le langage sont au premier plan afin d’explorer les complexités du pouvoir structurel. Dans des espaces confinés, les personnages sont assis collés à l’endroit où ils explorent la dynamique de pouvoir changeante du comportement de groupe.

Fleur a exposé, projeté et été artiste en résidence auprès d'institutions et de galeries en Europe et au-delà, notamment ; Nottingham Contemporary (UK), The Sculpture Center (NYC), Triangle France (FR), Centre d'Art Neuchâtel (CH), Jerwood Visual Arts (UK), The Austrian Cultural Forum (UK), The Serpentine Gallery (UK), Camden Arts Center (UK), Composite (BE), Moly Sabata (FR), SPACE (UK), In Extenso (FR), ANDOR (UK) et Le Bourgeois (UK). Elle a participé à des conférences et des projections chez Belsunce Projects & Octo Productions (FR), Carlos Ishikawa (UK), SPACE (UK), Triangle France (FR) et Terzo Fronte (IT). Elle a reçu un financement de Fluxus Art Projects et de l'Arts Council England.

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Au cours de sa résidence EMAP, Fleur achèvera son ambitieuse série vidéo Déjeuner nu qui a débuté en 2019.

Le Déjeuner nu est un feuilleton parodique où les perspectives sont multiples et où il n’y a pas de consensus. Les clichés du feuilleton quotidien dissimulent une série de discussions morales sur le pouvoir.  Épisode après épisode, six dialogues philosophiques se construisent les uns les autres, cartographiant les relations changeantes des protagonistes avec le genre, la classe et la sexualité d’une manière souvent satirique.

Dans l’intrigue, six amis se retrouvent lors d’un dîner à Marseille. Alors que la soirée mûrit et que l’alcool et le désir envahissent la pièce, les luttes de pouvoir transforment le récit de chaque personnage en un puzzle élaboré, dans lequel la fiction et la réalité se confondent. La série met en lumière le patriarcat et la lutte des classes au quotidien, en utilisant le réalisme de l’évier de cuisine comme point de départ.

Au fur et à mesure que la série se développe, il devient difficile de savoir quelles histoires sont réelles et lesquelles existent uniquement dans l’imagination des personnages. Les trois couples vivent dans le même quartier. Leur hiérarchie sociale et leur position au sein du groupe sont classées par ordre croissant à partir de la base. L’immeuble est une parodie de La Cité Radieuse, construite selon la vision de Corbusier pour tous, mais habitée par une élite.

Le désir et le rejet rôdent autour de l’intrigue, créant un écran de fumée. Au fil des épisodes, la série joue sur l’idée du langage lui-même et finit par générer sa propre logique.

Les vidéos sont construites à partir de la superposition de multiples prises de vue sur fond vert, dans la vie réelle et la fiction, y compris la fumée et les trucages, qui ajoutent au sentiment d’une réalité manipulée, se déroulant sur une ligne temporelle abstraite.

Le langage est au cœur du travail de Fleur. Par le biais de la narration, ses vidéos abordent le fossé qui sépare l’expérience des gens du monde de ce qu’on leur dit qu’il se passe, nous incitant inévitablement à nous demander ce que nous pouvons faire sur la façon dont nous percevons la réalité si elle a été détournée par les structures du pouvoir.