Une proposition de Antre Peaux
Le visage, à travers lui s’expriment nos émotions, nos souvenirs, nos liens. Les yeux, que l’on dit miroirs de l’âme, semblent parfois révéler ce qui échappe aux mots.
Dans les œuvres de Jaky La Brune, ces repères vacillent, les regards se multiplient, les visages se fragmentent, les corps se mêlent et se transforment. La pratique de Jaky La Brune est profondément instinctive et cathartique. Par l’intensité du geste pictural comme par le patient assemblage du textile, dont la répétition peut prendre une dimension presque méditative, l’artiste cherche à rendre visibles les émotions et les états intérieurs qui dépassent parfois les limites du langage. Nourrie par ses nombreux voyages et ses rencontres avec différentes cultures, mythologies et spiritualités, ses œuvres interrogent ce qui nous constitue : qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? Comment se construit notre identité au fil des expériences, des croyances, des liens que nous tissons avec les autres ?
Pensée comme un jardin intérieur, l’exposition matérialise cette identité en perpétuelle transformation. À l’image d’un paysage vivant, chacun·e se construit au contact des rencontres, des joies, des épreuves et des souvenirs qui façonnent notre manière d’être au monde. Certaines expériences nous fragilisent, d’autres nous font grandir ; toutes participent à notre évolution. Cette métamorphose traverse l’ensemble de l’exposition. Les éléments naturels, comme le ciel, les nuages, l’eau et le soleil, côtoient un bestiaire symbolique dans lequel le papillon occupe une place particulière. Figure de la transformation, il évoque à la fois la renaissance, la liberté, et la fragilité. La famille est également au cœur des réflexions comme organe structurant et complexe. Enfin, les masques et les poupées textiles prolongent les personnages présents dans les peintures en leur donnant une présence physique.
Les œuvres deviennent alors des espaces de projection où chacun·e peut reconnaître une part de soi, un miroir de nos propres interrogations.
Pensé comme un lieu vivant et accueillant, ce nouveau format estival d’exposition propose un espace participatif mêlant documentation, approches sensibles et ateliers à destination des enfants comme des adultes. L’exposition se déploie ainsi comme un lieu d’expérience autant que de contemplation : un jardin intérieur à parcourir, où les œuvres nous invitent à accueillir la complexité de nos émotions et la pluralité de nos identités.