En clôture du programme de résidence longue durée “Homo Photosyntheticus” mené par Ewen Chardronnet, Maya Minder et l’Antre Peaux depuis 2021, nous vous invitons à une Assemblée des Sols régionale publique le samedi 23 novembre pour échanger autour de différentes expérimentations entre art, design, écologie des sols et transition écologique et alimentaire en Région Centre-Val-de-Loire et au-delà.
L’Assemblée des sols régionale prolongera les recherches présentées dans le journal “La Planète Laboratoire #6 : Paysans Planétaires” publié en juillet 2024 avec le soutien du programme “Homo Photosyntheticus” et des programmes Europe Créative More-Than-Planet et Rewilding Cultures.
L’Assemblée des sols régionale prend la forme d’une journée d’interventions et de tables rondes qui se clôtureront par une performance The deplantationocene project / Vibrer avec les levures de Denis Chartier suivie d’une soirée autour du Japon avec une conférence de Leila Chakroun sur permaculture et poésie des satoyamas et un retour sur le projet de recherche filmique de Ewen Chardronnet, Maya Minder et Quentin Aurat sur l’aquaculture du nori dans le sud du Japon.
Cet événement est soutenu par la Région Centre-Val-de-Loire dans le cadre des programmes “Nouvelles Renaissance(s)” et “Transition écologique et résilience : les acteurs culturels s’engagent”
Program
10h : Accueil des intervenant·es et du public
Accueil avec enregistrement des propositions d’interventions spontanées.
Si vous souhaitez présenter une initiative ou intervenir, vous pouvez d’ores et déjà envoyer un email à : ewen@makery.info
Les interventions devront rester courtes de manière à privilégier les échanges et identifier des thématiques et problématiques.
10h30-11h : La Planète Laboratoire & introduction à Soil Assembly
La Planète Laboratoire est un journal de recherche en philosophie, art et écologie politique créé en 2007 à l’initiative de Ewen Chardronnet et du groupe d’artistes Bureau d’études (Léonore Bonaccini, Xavier Fourt) qui en ont assumé ensemble la responsabilité éditoriale depuis lors. Publication dépendant d’opportunités de financement, six numéros ont été publiés entre 2008 et 2024, avec des tirages mixtes de 5000 copies en langue française et 5000 en langue anglaise. La diffusion est par ailleurs effectuée par les réseaux de soutien ou lors d’évènements culturels ou militants ou encore d’interventions dans le cadre académique.
Dans les colonnes du numéro 6 “Paysans Planétaires” les contributeurs imaginent un futur paysan et néo-paysan, un futur inventé par les paysans planétaires, organisés en territoires divers, cultivant des biotopes plus hétérogènes, plus démocratiques, et donc plus habitables que ceux des cités impériales. Le journal ouvre ainsi ses pages à un cahier central à la récente initiative Soil Assembly et y développe quelques-unes des expériences, réflexions et enquêtes collectées au sein de ce réseau émergent.
La publication du numéro 6 de la Planète Laboratoire a été rendue possible par ART2M / Makery, Antre Peaux, la Région Centre-Val-de-Loire, Pro Helvetia, et les programmes Europe Créative de l’UE More-Than-Planet et Rewilding Cultures.
Le journal est téléchargeable sur le site https://laboratoryplanet.org
Soil Assembly : https://soilassembly.net
11h-12h30 Assemblée des sols – session régionale
Assemblée des sols régionale ouverte avec des contributions aux discussions : des projets d’école des communs ruraux par Bureau d’études et d’école-territoire de Loire pour une culture de bassin-versant par Sophie Gosselin & David Gé Bartoli (Université populaire pour la Terre, Tours), de l’ECOLAB de l’ESAD Orléans par Sylvia Fredriksson, de Denis Chartier du CNRS LADYSS, de Kerminy lieu d’agriculture en arts dans le Finistère par Dominique Leroy et de la récente Inland Academy qui s’est tenu à Kerminy par Grace Gloria Denis (HEAD Genève, Food Art Research Network), de Maya Minder (Hackteria).
Clôture de la matinée par la diffusion d’un court-métrage génératif de David Legrand BERRYBEUYS (IA vidéo, 5’35).
Ni artiste, ni savant tel qu’on les connaissait au XXe siècle, Berrybeuys était l’hybride d’un agriculteur modeste et d’une penseuse visionnaire. Il a assimilé les idées de Joseph Beuys et les a transformées en une nouvelle philosophie de vie dans un Berry d’invention biofuturiste.
14h-15h15 : Assemblée des sols régionale – session Bourges
Présentation de projets sur le territoire berruyer, avec Denis Pansu (Épicentre et Projets tiers-lieux, Territoria), Anouk Daguin, Leila Chakroun, Paola Pisani, Sandrine Salzard (Symbiocène), et d’autres.
15h30-16h30 : Assemblée des sols – session internationale
Présentation du projet Horizon Europe SoilScape (Spreading Open and Inclusive Literacy and Soil Culture through Artistic Practices and Education) par Christine Le Bas (INRAE, AFES).
Présentation de la prochaine assemblée des sols internationale en Ecuador en main 2025 par Pedro Soler (en distanciel et en français).
17h : Performance Vibrer avec les levures du géographe et artiste Denis Chartier
Cette performance vise à interroger ce qu’est entrer en relation avec des autres-qu’humains et à questionner l’effet du son sur le vivant. Elle s’inscrit dans la prolongation d’une résidence art/science de deux semaines au Laboratoire UrsuLab du centre d’art Antre Peaux à Bourges qui a donné lieu à une première expérimentation du dispositif de performance.
18h : Japon : Habiter la féralité des satoyamas en permaculture et en poésie, conférence de Leila Chakroun
Les Satoyamas sont des paysages typiques de la ruralité japonaise traditionnelle, qui ont été façonnés par un entrelacement agroforestier d’intentionnalités humaines et non-humaines. Ils évoquent non seulement une mosaïque paysagère composée de quelques vieilles maisons, de rizières inondées et d’une forêt luxuriante tout autour, mais aussi un mode de vie rural et communautaire basé sur la survivance et l’interdépendance. Les satoyamas sont ainsi des socio-agro-écosystèmes très particuliers offrant des habitats pour de nombreuses espèces et sont désormais considérés comme des « hotspots » de biodiversité « natureculturelle ».
C’est pour cette raison qu’ils sont devenus un symbole d’une coexistence possible et désirable entre l’humanité et la nature et sont politiquement porté comme icône d’une durabilité “à la japonaise”, qui respecterait la Terre tout en revalorisant la culture traditionnelle. Les satoyamas sont toutefois menacés par la « ruine » : l’exode rural et la déprise agricole ont atteint une telle ampleur que les rizières s’enforestent et que les murs des maisons se vermoulent. Ruine qui n’en est une qu’à partir d’une perspective capitalo-centrée. Si l’on regarde bien, ce sont de nouvelles dynamiques qui sont rendues possibles : de nouvelles espèces, mais aussi de nouveaux arrivants humains, portés par l’envie de faire alliance autrement avec les vivants de ces paysages. Parmi eux, beaucoup s’inspirent de la permaculture pour se réapproprier cette féralité et investir ces paysages comme autant de foyers de nouveaux imaginaires paysans.
Leila Chakroun est docteure en sciences de l’environnement, spécialisée sur la permaculture en contextes suisse et japonais.
19h : Projection test et rencontre avec Ewen Chardronnet, Maya Minder et Quentin Aurat qui ont réalisé et monté le film Umi No Oya à l’Antre Peaux
Umi No Oya – ウミノヲヤ, Ewen Chardronnet & Maya Minder, 2024, 60 minutes
Maya Minder et Ewen Chardronnet étudient dans leur travail le potentiel des algues dans la transition écologique. Dans cet essai documentaire, ils explorent l’héritage de l’algologue britannique Kathleen Drew-Baker, dont la découverte scientifique cruciale en 1949 sur le cycle de vie des algues rouges a contribué à l’essor de l’aquaculture du nori dans le Japon de l’après-guerre et à la mondialisation de la culture du maki sushi. Le film rend hommage à Drew-Baker en tant qu’Umi No Oya (ウミノヲヤ) – la mère de la mer – et cherche l’inspiration dans la résilience qu’elle a insufflée au Kyushu d’après-guerre pour faire face aux nouveaux défis du changement climatique.






