Aberrations morales, écologiques, économiques, architecturales, esthétiques… Les déviations vis-à-vis du bon sens ou de la norme sont multiples. Elles déstabilisent et provoquent des réactions contradictoires. Elles peuvent à la fois nous faire sourire, nous révolter et stimuler notre créativité pour tenter de composer avec elles. Se référant à l’origine du terme d’astronomie, signifiant un écart entre la direction apparente d’un astre et sa direction réelle, Aberration sous-tend une étude chorégraphique qui éprouve notre aptitude à envisager les perspectives d’une reconstruction après la déviation soudaine d’une trajectoire de vie. Pour cela, s’appuyer par exemple sur l’étude des aberrations optiques. Apprécier comment les déformations géométriques et chromatiques de l’image enrichissent sa perception. Dans une suite de tentatives pour recouvrer les sens comme on recouvre la vue, cet égarement chorégraphique nous offre la possibilité de redéfinir la forme et la couleur en commençant par questionner le blanc, ce « rien avant tout commencement » qui, comme le dit aussi Kandinsky, « regorge de possibilités
vivantes ». Aberration se conçoit comme un prisme divergent, invitant à opérer un nouvel étalonnage des émotions sans juger de leur cohérence, et à accepter la nouvelle organisation de réminiscences altérées qu’elle provoque. Elle agit comme un glissement de terrain vers un univers décalé et subtilement absurde provoquant une variation de sensations troublantes comme celle de s’être couché David Bowie et de se réveiller Ziggy Stardust.
Emmanuel Eggermont
On en parle dans la presse
« Eggermont domine aujourd’hui de façon magistrale le jeu des regards, des gestes minimaux et des angles placés avec exactitude […]. Il réussit à rendre le glacé du marbre, le néoclassicisme de Balanchine et la technique de déplacement de Hoghe ».
SCHNEIDER, Katja, Ballet-Tanz, Jahrbuch, 2009
« M. Eggermont, un danseur d’une remarquable intériorité et profondeur, apporte à sa performance une précision et une discipline à couper le souffle […] ».
SULCAS, Roslyn, The New York Times, 2009
« La pièce, intense et supérieurement interprétée, inscrit son auteur dans l’héritage formel de Raimund Hoghe, et par là même, des chorégraphes qui comptent […] »
PIETTRE, Céline, Paris Art, 2011
« Sans céder aux injonctions extérieures, Emmanuel Eggermont est l’un des rares chorégraphes à redéfinir les formes en profondeur. L’artiste suit une voie unique. Quin’est pas solitaire mais solaire et tendue vers l’essence. Devenue essentielle ».
PALADINO, Veneranda, Dernières Nouvelles d’Alsace, 2013
Teaser